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Vieux 17/01/2010, 16h40
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Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"



Créé par une loi du Parlement en 1988, Droits et Démocratie est une organisation canadienne non partisane et indépendante qui a le mandat de promouvoir le développement démocratique et d’appuyer et défendre les droits de la personne tels que définis dans la Charte internationale des droits de l’homme des Nations Unies. En partenariat avec la société civile et les gouvernements au Canada et à l’étranger, Droits et Démocratie met en œuvre et soutient des programmes visant à renforcer les lois et les institutions démocratiques, principalement dans les pays en développement.

Le hic c'est que le gouvernement fédéral a le pouvoir de nommer dix des treize membres du Conseil d'Administration (CA) de cette organisation. Dernièrement, le Premier Ministre Harper a procédé à la nomination de David Matas, avocat pour l’organisme activiste juif B’nai Brith Canada, et de Michael Van Pelt, président de Cardus organisme de charité de confession évangélique (même confession religieuse que Harper) au sein de cette organisation. Depuis, la nouvelle majorité au CA souhaite que son organisme cesse tout programme au Proche Orient et propose de mettre fin et de cesser d’entretenir tous groupes ou associations qui critiquent Israël. Pour les mêmes raisons, il souhaite mettre fin à la collaboration d’avec le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU basé à Genève.

Dans un article paru hier dans "Le Devoir", Michel David met en grand jour les nouvelles orientations de cette organisation. Son article est ci-joint.



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Le loup

Michel David 16 janvier 2010 Québec



Dans son mot de présentation du rapport 2008-2009 de l'organisme Droits et Démocratie, le nouveau président du conseil d'administration, Aurel Braun, qui venait tout juste d'entrer en fonction, lançait un avertissement.

«Il nous faut demeurer vigilants en cette période trouble où tous les regards semblent tournés vers la crise économique. C'est dans ces moments difficiles que certains gouvernements pourraient être tentés de limiter les droits de leurs citoyens les plus vulnérables sous prétexte que la démocratie est un luxe qu'on ne doit plus se permettre.»

«En de telles circonstances, nos partenaires et les défenseurs des droits humains en première ligne sont les premiers à subir de nouvelles formes d'intimidation et de restrictions à leurs droits, comme cela se passe déjà dans plusieurs parties du monde.»

En rétrospective, on peut apprécier le cynisme de ces propos. Depuis qu'il a accédé à la présidence du conseil d'administration de Droits et Démocratie, c'est comme si cet éminent professeur de sciences politiques à l'Université de Toronto s'était employé à illustrer la menace qui plane sur les défenseurs des droits de la personne en faisant entrer le Canada dans le club de leurs persécuteurs.

Après la récession, la catastrophe épouvantable survenue en Haïti, qui monopolise l'opinion publique, est un de ces moments difficiles dont certains pourraient profiter. Comme le disait si bien M. Braun, il faut demeurer vigilants.

***

Au cours des derniers jours, mon collègue Alec Castonguay a fait état du malaise grandissant, qui s'est transformé en véritable crise, provoqué par le gouvernement Harper en permettant à des éléments conservateurs résolument partisans d'Israël, M. Braun au premier chef, de prendre le contrôle du conseil d'administration de Droits et Démocratie.

Le lobby pro-israélien n'est pas un phénomène nouveau, mais il ne s'était jamais manifesté aussi brutalement. Au sein de l'organisme, on ne doute pas que le harcèlement systématique dont a été victime son président, Rémy Beauregard, ait contribué à provoquer l'arrêt cardiaque qui a entraîné son décès la semaine dernière.

Hier, le Globe and Mail a défendu en éditorial le «droit de désignation» qui permet à un gouvernement de choisir les dirigeants d'un organisme qu'il subventionne. S'il désire être à l'abri des divergences de vue qui existent dans la société canadienne, il n'a qu'à se financer lui-même, estime le Globe.

La pluralité des opinions est peut-être une chose normale, mais quand la totalité des employés signe une lettre exigeant la démission du président du conseil d'administration et de ses principaux acolytes parce qu'on leur pose des questions sur leur origine ethnique ou leur capacité de parler arabe, il y a un problème.

Même s'il relève du ministère des Affaires étrangères, où on se dit d'ailleurs très satisfait de son travail, Droits et Démocratie est un organisme indépendant qui n'a de comptes à rendre qu'au Parlement canadien. Si le gouvernement a le droit de nommer ses administrateurs, il a aussi le devoir de le protéger des lobbies qui cherchent à le noyauter.

Bien entendu, Ottawa s'est bien gardé de s'ingérer directement dans ses activités. Aucune directive ne lui a été adressée. Ce n'était pas nécessaire. Il suffisait d'ouvrir au loup les portes de la bergerie. M. Beauregard a été le premier à se faire dévorer, mais il est rare qu'un loup se contente d'une seule victime. Surtout si personne ne vient le déranger.

***

La nouvelle majorité au conseil d'administration voudrait que Droits et Démocratie cesse ses activités au Moyen-Orient et coupe tout contact avec les organismes qui critiquent Israël. Elle souhaite également mettre un terme à la collaboration avec le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui a souvent dénoncé les politiques israéliennes. Comme chacun le sait, le comportement de l'État hébreu dans les territoires palestiniens est un modèle de respect des droits de la personne.

Tout cela n'est évidemment pas pour déplaire au premier ministre. En 2006, il avait été à peu près le seul à trouver «mesurée» la riposte israélienne. En janvier 2009, le Canada avait encore fait bande à part en s'opposant à une résolution du Conseil des droits de l'ONU condamnant le pilonnage de la bande de Gaza. M. Harper a lui-même des comptes à régler avec le Conseil, qui a montré du doigt son gouvernement pour son manque de respect des droits des autochtones.

Qu'il s'agisse du cas d'Omar Kadhr, toujours enfermé à Guantánamo malgré les représentations des groupes de défense des droits et les injonctions des tribunaux canadiens, toujours portés en appel, ou encore du traitement réservé aux prisonniers afghans, livrés à des tortionnaires, l'indifférence de M. Harper pour ces questions est largement documentée.

Depuis 2006, le premier ministre a également démontré son mépris pour les institutions et les organismes qui pensent différemment de lui, en commençant par la Chambre des communes, condamnée au silence précisément pour lui éviter de rendre compte des violations de la Convention sur les prisonniers de guerre commises en Afghanistan. M. Harper est aussi de la race des loups.


Source: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/281204/le-loup
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Vieux 04/02/2010, 20h54
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Re : Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"




Choc idéologique à Droits et Démocratie

Les liens du président du conseil avec un militant de la cause israélienne sont à l'origine d'un conflit ayant mené, hier, à la suspension de trois directeurs


Ottawa — La tempête à Droits et Démocratie se poursuit. Hier, trois de ses directeurs ont été suspendus «indéfiniment» sous prétexte qu'ils sont les cerveaux de la rébellion visant le président du conseil d'administration, Aurel Braun. À l'origine du conflit: les liens de M. Braun, l'homme fort d'Ottawa, avec un farouche militant de la cause israélienne, Gerald Steinberg, et l'influence de ceux-ci sur l'orientation idéologique de Droits et Démocratie.

Droits et Démocratie, un organisme de défense des droits de la personne fondé par le Parlement canadien en 1988, est en crise de leadership. Les 47 employés ont exigé par lettre le départ de M. Braun. Il a réussi à se maintenir en poste parce qu'Ottawa a nommé de nouveaux membres du conseil d'administration lui étant favorables.

Aurel Braun était en conflit avec le président de l'organisme aujourd'hui décédé, Rémy Beauregard, à propos de trois subventions de 10 000 $ chacune accordées aux groupes al Haq, Bt'selem et al Mazan engagés au Moyen-Orient. M. Braun est d'avis qu'il s'agit d'organismes qui, sous le couvert de défense des droits humanitaires des Palestiniens, attaquent la légitimité de l'État d'Israël.

«Il s'agit d'organisations très, très vicieuses impliquées dans de viles activités», a-t-il déclaré la semaine dernière au National Post. «Même en faisant preuve d'imagination, on ne peut les qualifier d'organisations humanitaires. [...] Il n'y a aucune ambiguïté à propos d'al Haq et al Mazan.» Il a ajouté qu'al Mazan étant située à Gaza, «nous n'avons aucun moyen de savoir» si l'argent ne finit pas entre les mains du Hamas. Quant à Bt'selem, il s'agit d'une organisation israélienne «de nom seulement». Le fait que Rémy Beauregard ait accordé ces subventions prouve selon M. Braun son manque de jugement.

L'influence de Steinberg à Droits et Démocratie

Ce que peu savent, c'est qu'Aurel Braun est un «ami très proche» de Gerald Steinberg, professeur d'université à Ramat Gan, en Israël. M. Steinberg a fondé le groupe NGO Monitor qui, comme son nom l'indique, décortique le discours politique tenu par les ONG à l'oeuvre au Moyen-Orient. Sa thèse est la suivante: ces ONG utilisent le paravent de l'aide humanitaire pour critiquer Israël et saper son droit même d'exister. Les agences internationales comme l'ACDI et Droits et Démocratie leur accordent, déplore-t-il, une légitimité en les finançant. (Le Devoir a publié une entrevue avec Gerald Steinberg le 22 septembre 2008.)

Au nom de cette théorie, M. Steinberg a critiqué des organismes aussi réputés qu'OXFAM. Comme par hasard, son site contient une section complète sur Bt'selem et les raisons pour lesquelles il ne devrait pas recevoir de financement international. Idem pour al Haq et son président Shawan Jabarin. Récemment, il s'est réjoui de ce que les organismes canadiens KAIROS et Alternatives aient vu leurs subventions fédérales coupées. Le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney, avait évoqué les positions anti-Israël de KAIROS.

Aurel Braun et Gerald Steinberg se sont croisés au sein de l'organisme Scholars for Peace in the Middle-East. M. Braun accorde à ce point d'importance aux idées de M. Steinberg qu'il l'a invité à venir les présenter à Montréal aux membres du conseil d'administration de Droits et Démocratie, a appris Le Devoir. Le conseil a refusé.

Aurel Braun est lui-même militant pour la cause israélienne, ayant déjà siégé au conseil d'administration du B'nai Brith. Lors d'une rencontre du conseil d'administration de Droits et Démocratie en juin dernier, il a déclaré être «fier d'être Juif et d'appuyer l'État d'Israël», indique le procès-verbal.

Si les positions d'Aurel Braun et de Gerald Steinberg sont à ce point similaires, cela ne signifie pas pour autant qu'elles sont partagées par la communauté internationale. L'Agence canadienne de développement international (ACDI) verse régulièrement des subventions à al Haq: 30 000 $ en 1995, 50 000 $ en 2004 et plus de 8000 $ en 2005 (l'inventaire n'est pas exhaustif). Les Pays-Bas avaient publiquement dénoncé Israël lorsqu'il avait refusé de délivrer un document de voyage au président d'al Haq, l'empêchant du coup d'aller chercher en personne un prestigieux prix pour les droits de la personne.

D'autres mesures

Le poste de président du conseil d'administration est un poste à temps partiel. Aurel Braun continue d'enseigner à l'Université de Toronto. Il sera à Montréal aujourd'hui pour rencontrer l'équipe de Droits et Démocraties. Les employés s'attendent à d'autres mesures en plus des trois suspensions avec salaire annoncées hier.

Les trois personnes suspendues sont le directeur des communications, Charles Vallerand, la directrice à l'administration et aux ressources, Marie-France Cloutier, et le directeur des politiques, des programmes et de la planification, Razmik Panossian. Aucune raison n'a été fournie. Dans les coulisses, on dit qu'ils seront suspendus le temps qu'une enquête soit menée sur leur rôle dans la «rébellion» contre Aurel Braun et le président qu'il a nommé pour remplacer feu Rémy Beauregard, Jacques Gauthier.

Le NPD a indiqué hier qu'il demandera au comité parlementaire des Affaires étrangères de faire enquête sur Droits et Démocratie au retour de la Chambre des communes.

Source: http://www.ledevoir.com/politique/ca...-et-democratie
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Vieux 06/02/2010, 13h41
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Re : Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"




Quand le Proche-Orient crée une crise politique au Canada

Le conflit à Droits et Démocratie met en exergue le réalignement d'Ottawa en faveur d'Israël


Ottawa — Les tensions au sein de l'organisme fédéral non partisan Droits et Démocratie ont surgi peu de temps après la nomination d'Aurel Braun à la présidence du conseil d'administration, en mars dernier. Si l'évaluation de la compétence du président de l'organisme, Rémy Beauregard, était au coeur du conflit, les inclinations pro-juives de M. Braun en constituent la toile de fond.

Aurel Braun, ancien dirigeant du B'nai Brith, est un ami proche de Gerald Steinberg, un universitaire israélien président-fondateur du NGO Monitor. NGO Monitor décortique le discours politique des organismes d'aide impliqués au Moyen-Orient et conclut que plusieurs d'entre eux utilisent le paravent des droits de la personne pour militer contre l'État d'Israël. Comme l'a révélé Le Devoir, Aurel Braun adhère si bien à la thèse de Gerald Steinberg qu'il a invité celui-ci à faire une présentation au conseil d'administration de Droits et Démocratie. Le conseil a refusé.

En entrevue-courriel avec Le Devoir, Gerald Steinberg refuse l'étiquette de «militant farouche de la cause israélienne». «Je suis loin d'être un militant fanatique, bien que les farouches militants palestiniens, leurs amis (qu'on trouve aussi au Canada) et quelques Israéliens marginaux diront cela pour discréditer tout débat sérieux à propos de leurs propres activités», écrit-il.

Gerald Steinberg n'en est pas moins très actif auprès des gouvernements occidentaux, le canadien inclus, leur fournissant des informations sur les groupes qu'ils financent. «J'ai discuté de ces questions dans le passé avec Bob Rae, Irwin Cotler et d'autres libéraux ainsi qu'avec des conservateurs, notamment [le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration] Jason Kenney», dit-il.

Des reproches

Aurel Braun reprochait à Rémy Beauregard d'avoir accordé des subventions de 10 000 dollars chacune à trois ONG justement suspectes aux yeux de NGO Monitor: al Haq, al Mazan et B'tselem. «Ni al Haq ni al Mazan ne promeuvent les droits de la personne ou la démocratie. Il s'agit clairement de groupes politiques pro-palestiniens», écrit M. Steinberg. Pourtant, ils sont respectés sur la scène internationale. Al Haq a reçu des subventions de l'ACDI et son président a reçu un prestigieux prix dans le domaine des droits de la personne. Aurel Braun a malgré tout préféré la thèse de Gerald Steinberg, affirmant au nom de Droits et Démocratie que ces deux groupes sont «liés au terrorisme». Quant à B'tselem, il en parle comme d'un organisme juif «que de nom».

Cette thèse, elle est aussi partagée par le B'nai Brith, d'où provient non seulement M. Braun, mais aussi David Matas, nouveau membre du conseil d'administration de Droits et Démocratie. Des liens étroits existent entre le B'nai Brith et le Parti conservateur de Stephen Harper. Son actuel président, Frank Dimant, est un proche du ministre Jason Kenney, avec qui il s'est déjà rendu en Israël et en territoire palestinien pour une mission d'observation. Joseph Ben-Ami, l'ancien directeur des relations gouvernementales du B'nai Brith, a été un des cerveaux de la campagne au leadership de l'actuel président du Conseil du trésor, Stockwell Day, à l'époque de l'Alliance canadienne.

En 2006, le magazine Walrus a publié un article sur la droite religieuse active au sein du Parti conservateur et documenté les raisons pour lesquelles elle considérait le lobby pro-Israël comme un allié objectif. La frange la plus illuminée de cette droite religieuse adhère à la thèse de l'imminence de la fin du monde et du retour du Messie sur le mont du Temple, à Jérusalem. Ces chrétiens sionistes ont donc intérêt à ce que ce territoire reste entre les mains d'un État démocratique ami. Le rapprochement avec Israël du gouvernement conservateur serait donc, selon cette théorie, une façon de non seulement fidéliser l'électorat juif, mais de mobiliser l'électorat évangéliste.

En entrevue, le président du B'nai Brith, Frank Diamant, minimise l'importance de ce genre d'alliances pour expliquer le réalignement d'Ottawa face à la situation au Moyen-Orient. «S'il s'agit d'un calcul politique, c'en est un bien mauvais, répond-il. La communauté juive n'est décisive que dans environ six circonscriptions au Canada. [...] Nous avons plutôt un gouvernement qui agit par conviction.» En outre, fait-il remarquer, Jason Kenney s'est lancé dans une vaste entreprise de séduction de toutes les communautés culturelles du pays, pas seulement la communauté juive.

Question d'équilibre

Le chef libéral, Michael Ignatieff, a accusé cette semaine le gouvernement de Stephen Harper d'avoir rompu le fragile équilibre des torts sur lequel s'appuyait traditionnellement la position canadienne face au Moyen-Orient. Frank Dimant rétorque que c'est la situation mondiale qui a dicté à Ottawa son changement de politique.

«Le contexte mondial a changé: nous avons al-Qaïda, le Canada est en guerre contre les talibans, nous avons le Hezbollah et le Hamas. Israël est une démocratie qui est à la frontière de la lutte au terrorisme. En tant que tel, les Canadiens veulent appuyer le droit d'Israël de se défendre, car nous avons vu ce que le terrorisme apporte. [...]. Le consensus canadien est qu'on ne peut plus s'asseoir sur la clôture et être neutre.»

Le gouvernement conservateur s'est totalement approprié cette idée que le discours pro-palestinien s'est radicalisé et qu'il faut s'en dissocier. C'est ce qui explique les récentes coupures infligées aux organismes comme KAIROS, Alternatives (qu'avait critiqués NGO Monitor) ou encore la Fédération canado-arabe.

En décembre, à l'occasion d'un discours prononcé à Jérusalem, le ministre Jason Kenney s'est expliqué. «Certains disent que notre gouvernement, en prenant ces positions, a abandonné la position traditionnelle de neutralité du Canada. Que nous avons d'une certaine façon miné la crédibilité internationale du Canada et sa réputation en prenant ces positions. J'imagine que ce sont les mêmes gens qui croient qu'il y a une neutralité entre la tolérance et la haine, entre le terrorisme et le contre-terrorisme. Notre gouvernement croit au contraire que nous nous réapproprions nos valeurs historiques et leur donnons un nouveau sens [...], nous nous redonnons le droit de faire une distinction morale.»

Le nouvel antisémitisme

En filigrane, c'est l'antisémitisme qui prend un nouveau sens dans la bouche des membres du gouvernement de Stephen Harper. À l'instar d'une portion grandissante du milieu juif, une adéquation est faite entre critique d'Israël et haine des Juifs, entre antisionisme et antisémitisme.

Richard Marceau, conseiller politique principal du Comité Canada-Israël, nuance. Dire que critiquer Israël équivaut à de l'antisémitisme est idiot, reconnaît-il, mais ça en devient si on critique Israël pour de possibles violations des droits de la personne, mais pas les autres protagonistes du conflit. «Il doit y avoir un seul barème qui ne change pas d'un pays à l'autre.» N'est-il pas normal que les attentes face à un État qui se vante d'être démocratique soient plus élevées qu'envers des territoires moins structurés? «C'est du racisme que de s'attendre à plus d'une civilisation par rapport à une autre.»

La Coalition parlementaire canadienne de lutte contre l'antisémitisme (CPCCA) dérange pour les mêmes raisons. Ce groupe de 22 députés représentant tous les partis politiques a été créé en mars 2009, mais certains en dénoncent le caractère biaisé. Par exemple, lorsque la Coalition a annoncé une audience sur l'antisémitisme sur les campus universitaires canadiens, elle a vu dans «des caricatures comparant Israël à une Afrique du Sud dirigée par des Blancs ou même à l'Allemagne nazie [qui] apparaissent çà et là dans des journaux étudiants» une preuve de la montée de ce sentiment de haine.

Le groupe Independent Jewish Voices a répliqué qu'il «est légitime pour les détracteurs du comportement d'Israël de le décrire comme un système d'apartheid et de dénoncer la légitimité de quelque État que ce soit qui s'y adonne. Ce n'est pas de l'antisémitisme d'aucune sorte, nouveau ou ancien».

Le groupe PAJU s'est aussi inscrit en faux. «Il est évident que le but de votre commission n'est pas d'étudier la nature de l'antisémitisme, mais de manipuler la définition de l'antisémitisme pour en faire un synonyme de critique des politiques d'Israël», écrit son président, Bruce Katz, un Juif montréalais.

Pour Khaled Mouammar, président de la Fédération canado-arabe, «le gouvernement conservateur est idéologiquement rigide. Ils voient le monde à la Bush: ou bien on est avec eux, ou bien on est contre eux. On le voit avec l'Afghanistan, sur la question des gais, de l'avortement. C'est une attaque à la liberté d'expression. Ils ont commencé par nous parce qu'ils savent que nous sommes une communauté vulnérable à ce genre d'attaques».

Tarek Fatah, fondateur du Congrès musulman canadien, concède qu'il y a un réalignement en faveur d'Israël, mais seulement dans la rhétorique. «Le Canada a toujours été très pro-Israël. [...] Le gouvernement Harper a seulement été plus explicite dans ses inclinations pour Israël. Les libéraux étaient plus subtils.»

Source:http://www.ledevoir.com/politique/ca...ique-au-canada
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Vieux 12/02/2010, 00h25
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Re : Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"




Droits et démocratie - Le président a été jugé trop critique envers Israël

Avant sa mort, Rémy Beauregard a rédigé un mémo où il répondait aux accusations de ses détracteurs


Rémy Beauregard, ancien président de Droits et démocratie, n'a pas emporté dans sa tombe toutes les informations permettant de décoder la crise qui secoue l'organisme fédéral. Un mémo de son cru, révélé pour la première fois aujourd'hui, démontre qu'on l'accusait, lui et ses employés de Montréal, d'être trop critiques envers Israël et de ne pas avoir de sensibilités juives. Tout cela alors qu'une bataille juridique se profile à l'horizon.

Le magazine Maclean's a mis la main sur un mémo rédigé par Rémy Beauregard en juin dernier, six mois avant son décès. Il y révèle que les nouveaux membres du conseil d'administration nommés par Ottawa l'accusent d'avoir rencontré des représentants du Hamas et du Hezbollah, d'avoir participé à une rencontre internationale jugée antisémite et de n'avoir aucun employé juif sur les 47 présents au siège social de Montréal. Il nie avec véhémence ces allégations. Le magazine Maclean's arrive en kiosques aujourd'hui en Ontario et demain au Québec.

Petit rappel. Ottawa nomme en mars 2009 un nouveau président du conseil d'administration de Droits et démocratie, Aurel Braun. Sa relation avec le président, M. Beauregard, n'est pas au beau fixe. Deux membres du conseil d'administration et alliés de M. Braun, Jacques Gauthier et Elliott Tepper, rédigent en secret un rapport d'évaluation très critique au sujet de Beauregard. Aurel Braun l'approuve et l'envoie au gouvernement.

Le trio, considéré comme les hommes forts d'Ottawa au sein du conseil d'administration, refuse catégoriquement que M. Beauregard le lise. Celui-ci l'obtiendra quand même trois mois plus tard en logeant une demande d'accès à ses renseignements personnels au ministère des Affaires étrangères! Le mémo, obtenu par Maclean's et divulgué pour la première fois, est donc la réponse de M. Beauregard à ce rapport critique.

On y apprend que le trio accuse M. Beauregard d'avoir obtenu une accréditation au nom de Droits et démocratie à la Conférence mondiale contre le racisme (appelée souvent «Durban», du nom de la première ville hôtesse de l'événement) tenue à Genève en 2009. Cette conférence est la bête noire du gouvernement de Stephen Harper, qui la juge antisémite et n'y a pas participé.

«Ceci est faux, écrit M. Beauregard. Nous n'avons jamais demandé une accréditation à la Conférence de revue de Durban et n'avons pas non plus assisté à la conférence en tant qu'observateur.»

Le trio reproche encore à Rémy Beauregard d'avoir raté l'occasion de dénoncer justement les propos antisémites tenus à cette conférence par le président iranien. M. Beauregard réplique dans son mémo: «Il aurait été incongru de faire une déclaration à propos d'une conférence à laquelle j'avais décidé, en tant que président, que notre institution ne participerait pas.»

Droits et démocratie finance à l'étranger des initiatives visant à consolider l'État de droit, par exemple en soutenant les journalistes indépendants au Myanmar ou encore les femmes élues en Bolivie.

Pas de Juifs, mais des terroristes

De concert avec cette évaluation, Jacques Gauthier avait rédigé un mémo ajoutant encore une couche de blâme. «Alors qu'il participait à une conférence au Caire en 2008, M. Beauregard a rencontré des représentants du Hamas et du Hezbollah.» Ces deux organisations sont considérées comme terroristes par Ottawa. «Cela est absolument faux et je considère cette allégation comme une atteinte à ma réputation», réplique le principal intéressé. Il appert que M. Beauregard aurait plutôt fait une présentation générale à une délégation libanaise au sein de laquelle se trouvaient un ou des élus du Hezbollah.

Enfin, comme l'avait révélé Le Devoir, Jacques Gauthier s'était informé de l'origine ethnique des employés de Droits et démocratie et ceux-ci s'étaient sentis harcelés. Or il écrit ceci dans son mémo, cité par Beauregard: «J'ai été aussi très surpris d'être informé subséquemment qu'il n'y a aucun employé juif au bureau de Droits et démocratie de Montréal.»

Rémy Beauregard réplique, cinglant: «Il est complètement inacceptable qu'un membre du conseil d'administration s'enquiert de l'ethnicité et/ou de l'appartenance religieuse des employés, en particulier dans une organisation des droits de la personne. Lorsque le syndicat apprendra cela et lorsque nous saurons comment M. Gauthier a enquêté sur les appartenances religieuses des employés, ce sera le bordel.»

Ni M. Braun, ni M. Gauthier n'ont voulu répondre au magazine Maclean's. «Les hypothèses qui sous-tendent vos questions, répond Jacques Gauthier au journaliste Paul Wells, sont en très grande partie fausses, trompeuses, incomplètes et/ou déformées et je vous mets en garde de publier un article qui s'appuierait dessus.» Depuis le décès de M. Beauregard, Jacques Gauthier a accédé à la présidence.

Recours judiciaire en vue

Ces révélations arrivent au moment où les trois employés de Droits et démocratie suspendus pour s'être opposés à Aurel Braun et Jacques Gauthier ont retenu les services de l'avocat Julius Grey.

«On estime qu'il n'y a aucun motif valable pour cette décision. On va défendre la nature non partisane des employés de l'organisme», a-t-il dit au Devoir. Les employés affirment ne pas avoir eu la chance de présenter leur version des faits. Les trois personnes suspendues sont Charles Vallerand, directeur des communications, Marie-France Cloutier, directrice à l'administration, et Razmik Panossian, directeur des politiques, des programmes et de la planification.

Jacques Gauthier a embauché une firme d'enquêteurs privés, SIRCO, ce qui fera bondir la facture de cette crise. Claude Sarrazin, qui dirige la firme, a été vu régulièrement dans les locaux de Droits et démocratie. SIRCO se spécialise dans les infiltrations, les caméras cachées, la surveillance et la fouille d'ordinateurs.

Il n'a pas été possible de savoir hier le mandat précis de SIRCO, mais, à l'intérieur de Droits et démocratie, on affirme que les détectives privés cherchent des preuves pour justifier la décision du président par intérim de suspendre indéfiniment les trois directeurs.

Notons par ailleurs que M. Gauthier, un avocat qui exerce à Toronto, a nommé un directeur général pour l'organisme basé à Montréal, une première pour Droits et démocratie. Il s'agit de Charles Auger, qui se spécialise dans les moyennes entreprises. Il a déjà été directeur général d'Emballages Cascades et a travaillé chez Quebecor. Il est en poste depuis lundi.



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Vieux 26/02/2010, 04h08
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Re : Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"




Droits et Démocratie: un ex-allianciste nommé président!


(Ottawa) En pleine controverse, le gouvernement canadien veut nommer à la tête du centre Droits et Démocratie un ex-candidat de l'Alliance canadienne, ancêtre de l'actuel Parti conservateur, Gérard Latulippe.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a annoncé cette décision lundi. Il a aussi réitéré sa confiance à l'endroit du conseil d'administration de Droits et Démocratie alors que les accusations d'ingérence politique au sein de cette institution se multiplient. L'annonce a été dénoncée tant par les partis de l'opposition que par d'anciens présidents de l'organisme et par le syndicat qui représente ses employés.Doté d'un budget de 11 millions, ce centre voué à la promotion des institutions démocratiques et des droits de l'homme est plongé dans une crise sans précédent depuis la mort du président Rémy Beauregard, le 7 janvier, à l'issue d'une réunion orageuse du conseil d'administration.

Depuis, 46 des 47 employés du Centre ont réclamé la démission de trois administrateurs. L'opposition a accusé le gouvernement d'avoir placé ses pions à la tête de l'organisme pour infléchir ses orientations politiques en faveur d'Israël, et la famille du défunt a réclamé une enquête publique.
La réponse du gouvernement est venue lundi.

«J'ai indiqué dans les dernières semaines que nous allions poser des gestes. Nous posons des gestes, a dit le ministre Cannon. M. Latulippe possède une combinaison exceptionnelle d'expérience et d'expertise en relations internationales et en gestion, en plus d'avoir démontré sa volonté de travailler au bien public.»

Consultation

Ministre libéral sous Robert Bourassa dans les années 80, mis à la porte du cabinet dans la controverse, souverainiste affirmé lorsqu'il a été délégué du Québec à Bruxelles sous un gouvernement péquiste, puis candidat pour la formation de droite de Stockwell Day en 2000, M. Latulippe dirige actuellement le bureau d'Haïti de l'ONG américaine National Democratic Institute.

Depuis le séisme du 12 janvier, où M. Latulippe a échappé de peu à la mort, il s'est prononcé en faveur de la mise sous tutelle d'Haïti - une position diamétralement opposée à celle que défend Ottawa.

Selon la loi constitutive de Droits et Démocratie, le gouvernement doit consulter les partis de l'opposition avant de nommer son président et son conseil d'administration.

«Ce n'est pas une consultation, c'est une notification!» s'est insurgé hier le critique du NPD en matière d'affaires étrangères, Paul Dewar. Les néo-démocrates s'opposent à la nomination d'un nouveau président avant d'avoir entendu, en comité parlementaire, les dirigeants de l'organisme et le ministre.
«Le principal problème, c'est le conseil d'administration, a ajouté M. Dewar. Nous sommes devant une voiture dont on a perdu la maîtrise, les freins ne fonctionnent plus, mais le gouvernement veut ajouter de l'essence dans le réservoir.»
Même son de cloche au Bloc québécois, qui va jusqu'à réclamer la mise sous tutelle de l'organisme. «Le Parti conservateur a hyper-politisé Droits et Démocratie. Et ça continue avec la nomination d'un ancien candidat de l'Alliance», a déploré le chef libéral, Michael Ignatieff, de passage à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Les partis de l'opposition ont jusqu'au 1er mars pour réagir au choix du nouveau président, sans quoi le gouvernement procédera à la nomination de M. Latulippe, qui pourrait entrer en fonction avant la mi-mars.
Selon la directrice des communications de Lawrence Cannon, Catherine Loubier, le gouvernement a tenu compte dans le passé des critiques de l'opposition et a écarté, à une occasion, un candidat pressenti à un poste à Droits et Démocratie.

Décision scandaleuse

Ed Broadbent, qui a dirigé Droits et Démocratie après sa fondation, en 1988, par le gouvernement de Brian Mulroney, estime que la nomination de Gérard Latulippe est «scandaleuse.» «Le problème crucial, c'est le conseil d'administration, qui a imprimé une direction politique à ce centre censé être indépendant», a-t-il dénoncé lundi.
Selon lui, le ministre Cannon «a complètement échoué à prendre de front ce problème».
«Si le nouveau président a la même idéologie que la majorité du conseil d'administration, les problèmes ne seront qu'exacerbés», a dit un autre ancien président, Warren Allmand.
Le président par intérim Jacques Gauthier s'est réjoui de la nomination de Gérard Latulippe, qui est selon lui un candidat aux compétences «impressionnantes».
À l'interne, l'annonce de la nomination a été accueillie avec scepticisme. L'arrivée d'un nouveau président «n'est que la pointe de l'iceberg», affirme l'Alliance de la fonction publique, qui représente les employés de Droits et Démocratie. Ces derniers «font face à ce qui s'apparente à une chasse aux sorcières», dénonce l'Alliance dans un communiqué.
Depuis la mort de Rémy Beauregard, le conseil d'administration a suspendu trois cadres supérieurs du Centre, fermé son bureau de Genève et lancé une enquête administrative.



Source: http://www.cyberpresse.ca/actualites...-president.php
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  #6  
Vieux 27/02/2010, 16h51
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Re : Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"



Pour avoir une idée meilleure sur la position de Gérard Latulippe vis-à-vis les immigrants attachés à leur religion, et en particulier les musulmans, l'article suivant en dresse un portrait très significatif; son titre aurait dû être "Sus aux musulmans". Bonne lecture!


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«Sus aux intégristes»


L'homme à qui le ministre Lawrence Cannon vient de confier le mandat de mettre de l'ordre à Droits et Démocratie n'a pas la langue dans sa poche. Au cours des dernières années, Gérard Latulippe s'est exprimé à plusieurs reprises sur la menace que font peser sur le Québec les nombreux immigrants originaires de pays où se pratique l'intégrisme religieux en général, et plus particulièrement l'intégrisme musulman.
«Mario Dumont a eu le courage de soulever un débat public sur l'immigration, qui tardait à venir», a-t-il écrit en 2006, alors que l'Action démocratique du Québec lançait sa bataille électorale contre les accommodements religieux.

«De plus en plus d'immigrants proviennent de pays où se pratique un intégrisme religieux. Ils exigent alors l'application sur notre territoire de règles de comportement social dictées par leur religion, comme s'ils se trouvaient encore dans leur pays d'origine», poursuivait M. Latulippe avant de montrer du doigt les communautés les plus problématiques: les juifs hassidiques, les sikhs et «une partie importante de la communauté musulmane».


M. Latulippe comparait alors ces nouveaux venus aux vagues d'immigration anciennes, qui, elles, n'avaient rien «d'incommodant».
Un an plus tard, Gérard Latulippe revient sur la question des accommodements religieux, qui auraient été conçus «pour que des groupes d'immigrants dont le comportement social, dicté par une forme d'intégrisme religieux, puissent se soustraire à nos valeurs communes».

«Nous commençons à vivre ce qui, en fait, est un phénomène occidental. L'incompatibilité des valeurs est devenu un problème majeur sur le continent européen où la population actuelle de 20 millions de musulmans aura probablement doublé d'ici 2025», déplore-t-il.

Source: http://www.cyberpresse.ca/actualites...ntegristes.php
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  #7  
Vieux 02/03/2010, 01h44
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Re : Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"



Cair-Can invite les musulmans à écrire au ministre des Affaires étrangères M. Lawrence Cannon pour protester contre la nomination de M. Gérard Latulippe à la tête de l'organisme "Droits et démocratie". Pour plus de détails, svp consultez le lien suivant (en anglais):
http://www.caircan.ca/aa_more.php?id=3069_0_3_0_M



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Le mémoire controversé du candidat à la présidence de Droits et démocratie


Le candidat controversé désigné pour reprendre la barre de Droits et Démocratie avait déposé un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor dans lequel il faisait le lien entre une immigration musulmane croissante et les menaces terroristes au Québec.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, n'a pas encore confirmé officiellement la candidature de Gérard Latulippe au poste de président de Droits et Démocratie, mais les écrits récents de cet ex-militant de l'Alliance canadienne en font sourciller plus d'un.
Dans son mémoire déposé à titre de directeur résident du National Democratic Institute au Maroc, M. Latulippe avançait que la concentration des nouveaux arrivants à Montréal, de même que la «concentration géographique de plus en plus importante de l'immigration en provenance de pays musulmans», nuisent au «bon fonctionnement de la société québécoise».
Il poussait la réflexion plus loin en prévenant que si Québec ne prenait pas les mesures qui s'imposaient pour sélectionner ses immigrants, il prenait «le risque inutile de générer un terrorisme d'intérieur».

Ces propos ont fait frémir le directeur exécutif du Conseil canadien sur les relations entre l'islam et le contient américain CAIR-CAN.
«À notre avis, cela fait la promotion d'une peur non fondée envers les musulmans et l'immigration musulmane au Canada. Ce n'est pas en phase avec les valeurs de tolérance et d'acceptation enchâssées dans notre Chartre canadienne (des droits et libertés)», a fait valoir Ihsaan Gardee.
«M. Latulippe a le droit à son opinion, mais c'est une autre paire de manche lorsque l'argent des contribuables va à quelqu'un dont les valeurs et les opinions ne reflètent pas celles enchâssées dans la Chartre», a-t-il conclu.
Son organisme a d'ailleurs appelé les Canadiens à adresser une lettre au ministre Cannon pour lui demander de revenir sur sa décision de nommer Gérard Latulippe à titre de président de Droits et Démocratie, dont le mandat est de promouvoir les droits humains et les pratiques démocratiques sur la planète.

Dans son mémoire sur les accommodements présenté en 2007, M. Latulippe ne limite pas ses propos au fondamentalisme islamique et mentionne également les accommodements exigés par les communautés juives et hassidiques, notamment.
L'essentiel de ses propos s'attarde toutefois aux immigrants musulmans lorsqu'il fait le lien avec le terrorisme qui pourrait surgir au Québec.
«Les tensions interculturelles font en sorte que le processus prend une spirale ascendante... et une nouvelle génération de terroristes est née. Chez nous, dans le quartier d'à côté... dans la maison voisine. Et voilà comment la sécurité publique d'une société d'accueil se retrouve menacée», écrit-il.
Il ajoute que comme la langue, la compatibilité des valeurs devrait faire partie des critères de sélection des immigrants.
«Il n'est pas suffisant d'informer l'immigrant sur les valeurs québécoises. Il est essentiel de le sélectionner en fonction de sa volonté et de sa capacité à y adhérer», note-t-il.
Lawrence Cannon a demandé aux partis d'opposition leur avis sur cette nomination, mais il n'est pas obligé légalement de prendre en considération leur opinion.
Dans les médias, les trois partis ont vivement décrié un choix qu'ils jugent partisan. M. Latulippe a été candidat défait de l'Alliance canadienne, ancêtre du Parti conservateur actuel, ainsi que lieutenant québécois de son ancien chef, Stockwell Day. On lui reproche notamment ses opinions sur la peine de mort et sur la reconstruction d'Haïti, dont il a déjà dit qu'il faudrait mettre le gouvernement sous tutelle.
L'opposition avait jusqu'à lundi pour faire part de ses réserves à l'égard de M. Latulippe au ministre. Lundi, l'attachée de presse de M. Cannon, Catherine Loubier, a indiqué que le ministre allait rendre publique sa décision «bientôt», sans toutefois offrir d'échéancier.
Selon le professeur de droit à l'université d'Ottawa, Errol Mendes, le gouvernement de Stephen Harper devrait absolument écouter les craintes de ses adversaires politiques, au nom du principe même de sa Loi fédérale sur l'imputabilité.
«C'est une pente glissante très dangereuse de mettre une communauté entière dans le même panier», a noté le spécialiste en droits de la personne.
«Comment le gouvernement peut-il justifier, tout particulièrement après le tollé contre ce qui s'est produit au conseil d'administration, de nommer quelqu'un qui a le potentiel de diviser encore plus? C'est stupéfiant. Pour moi, c'est une abdication totale de ce qu'il promettait avec la Loi fédérale sur l'imputabilité», a-t-il lancé.
L'ancien président de Droits et démocratie, Rémy Beauregard, est décédé subitement d'un infarctus dans la nuit du 7 au 8 janvier, après une réunion tumultueuse avec le conseil d'administration nommé par le gouvernement, dont la majorité des membres était hostile à M. Beauregard. On lui aurait reproché d'avoir accordé du financement à des organismes ayant critiqué Israël.

Source: http://www.cyberpresse.ca/actualites...democratie.php
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Vieux 16/03/2010, 01h21
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Commentaire de Présence Musulmane

Les droits et la démocratie revus et corrigés par les conservateurs

Droits et Démocratie est un organisme, créé par le parlement Canadien en 1988, qui « s'emploie à promouvoir, en collaboration avec des individus, des organismes et des gouvernements, au Canada et à l'étranger, les droits humains et les droits démocratiques tels que définis dans la Charte internationale des droits de l'homme ». Durant plusieurs années, D&D a grandement contribué à l'avancement des droits humains au pays, à la promotion de la démocratie et au rayonnement du Canada à l'étranger.
Il va sans dire qu'un organisme tel que Droits et Démocratie ne peut jouer le rôle qu'il lui incombe sans qu'il soit totalement indépendant face au pouvoir exécutif et donc du parti au pouvoir. Or, la crise qui sévit depuis plusieurs semaines au sein de l'organisme, suite aux dernières nominations au conseil d'administration de Droits et Démocratie par le gouvernement, a fait craindre à plusieurs observateurs, et à juste titre, que le parti conservateur ne tente d'utiliser Droits et Démocratie pour promouvoir sa vision des droits et de la démocratie. C'est qu'il semble que le gouvernement Harper est très mécontent des prises de positions de D&D, particulièrement en ce qui concerne le conflit au moyen-orient. Les nominations sont un moyen efficace, semble-t-il, pour corriger la situation.

On aurait cependant cru, surtout après les déclarations du ministre Cannon, qu'on tentera tout de même de préserver un semblant d'indépendance pour l'organisme, en nommant à sa tête une personne dont les qualités pour occuper ce poste sont unanimement reconnues. Malheureusement, la réalité sera toute autre.
En effet, M. Gérard Latulippe est tout sauf un candidat idéal. Ces idées sont incompatibles avec la mission de Droits et Démocratie. Les exemples pour illustrer cet état de fait ne manquent pas. Dernière en date : ses récentes déclarations sur la nécessité de la mise sous tutelle -voire la recolonisation- d'Haïti. À moins que ces propos ne soient en parfait accord avec le point de vue conservateur sur la question, M. Cannon devrait reconsidérer cette candidature.
Toujours dans le même esprit, celui de la hiérarchisation des civilisations et des cultures et de la psychologie des peuples, M. Latulippe nous livrait, en plein débat sur les accommodements raisonnables au Québec, son opinion concernant les problèmes que poseraient les immigrants musulmans dans la société québécoise qui d'après lui seraient plus important que ceux qu'auraient posés « les Italiens, les Polonais, les Grecs, les Latino-Américains, les Haïtiens ou les Vietnamiens ». Ce texte islamophobe paru dans le Devoir en 2006, dans lequel les musulmans Québécois sont décrits comme un groupe parfaitement homogène venant « de pays où se pratique un intégrisme religieux » est truffé d'inexactitudes sinon de mensonges. C'est le cas, par exemple, quand M. Latulippe nous apprend qu'au Maroc : « Une femme battue ne recevra justice devant les tribunaux que si deux témoins masculins témoignent en sa faveur ». Or, il s'avère que rien n'est plus faux: il n'existe aucune différence dans le code pénal de ce pays, (pays où des femmes sont juges, parlementaires et ministres), entre le témoignage d'une femme et celui d'un homme. Notons par ailleurs que le fait d'avoir eu recours à une telle stratégie dans le cadre du débat sur les accommodements raisonnables nous révèle quelle idée M. Latulippe se fait des droits des minorités: des droits et une citoyenneté conditionnels aux politiques des pays d'origines.
Dans le même texte, l'auteur ajoute : « pendant le ramadan, plusieurs Marocains à bord du vol Casablanca-Montréal de la compagnie Royal Air Maroc ont provoqué un tollé en protestant fortement contre le fait que le repas a été servi aux passagers pendant la période de jeûne ». Or, il s'avère qu'il est permis -et selon certains avis fortement conseillé- aux musulman(e)s, même celles et ceux « dont le comportement social est dicté par une forme d'intégrisme religieux » de ne pas jeûner le ramadan en cas de voyage.
De deux choses l'une : soit M. Latulippe a été très mal informé pendant son séjour en « terre d'Islam » soit qu'il a interprété très librement ce qu'on lui a dit. Dans les deux cas et à moins que M. Latulippe ne change radicalement ses idées sur plusieurs sujets -comme il l'avait fait à plusieurs reprises au cours de sa carrière- sa nomination à la tête de Droits et Démocratie nuira incontestablement à cet organisme. En d'autres termes, comment une personne avec une perception aussi réductrice et négative de l'islam et des musulmans pourra-t-elle mener à bien les différents projets et programmes que poursuit D&D notamment dans certains pays musulmans ?
Finalement, ce qui est navrant, plus que les propos, les commentaires et les idées de M. Latulippe, c'est que le gouvernement du Canada choisisse une telle personne pour présider une institution dont la mission est de faire progresser les valeurs de la démocratie et des droits de la personne partout dans le monde.

Source: http://www.presencemusulmane.org/memo_view.php?id=20
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Vieux 27/03/2010, 15h59
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Re : Le virage pro-Israël de l'organisation "Droits et Démocratie"



La mobilisation pour Droits et Démocratie prend de l’ampleur


La mobilisation pour forcer le gouvernement Harper à changer la composition du conseil d’administration de l’organisme Droits et Démocratie prend de l’ampleur. Plus de 100 personnes ont manifesté hier le 26 mars devant les locaux de Droits et Démocratie, à l’angle des rues De Maisonneuve et Amherst, à Montréal.

La mobilisation pour forcer le gouvernement Harper à changer la composition du conseil d’administration de l’organisme Droits et Démocratie prend de l’ampleur. Manifestations, pétition, site Internet, lettres ouvertes... Plusieurs organismes et les grandes centrales syndicales entrent maintenant dans la danse, espérant faire bouger le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, qui laisse la crise se poursuivre à Droits et Démocratie, un organisme fédéral basé à Montréal.

Dans les derniers jours, un site Internet (mouvementdroitsetdemocratie.org) a été mis sur pied grâce à l’aide du Syndicat canadien de la fonction publique. On y retrouve l’historique de la crise à Droits et Démocratie, plongé dans la tourmente depuis janvier dernier. On incite aussi les gens à l’action, notamment en signant la pétition en ligne. Jusqu’à présent, plus de 1500 personnes ont apposé leur nom au bas du plaidoyer.
Hier, le virtuel a rejoint le réel, puisque plus de 100 personnes ont manifesté devant les locaux de Droits et Démocratie, à l’angle des rues De Maisonneuve et Amherst, à Montréal. Au même moment, une réunion du conseil d’administration, qui est au coeur de la controverse, battait son plein dans l’édifice.

Parmi les organismes présents à la manifestation, on remarquait Amnistie internationale, la Fédération des femmes du Québec, la Ligue des droits et libertés, le Conseil québécois des gais et lesbiennes, l’Alliance de la fonction publique, la FTQ, la CSN, le FRAPRU, etc. Près de 50 organismes demandent au gouvernement de lancer une enquête indépendante « afin de faire la lumière sur tous les événements récents » qui secouent l’organisme.
Les groupes et les citoyens qui ont signé la pétition demandent aussi la nomination d’un président « dont l’indépendance et l’expertise sont reconnues », puisque le nouveau président, Gérard Latulippe, ne remplit pas ces critères, disent-ils. On demande également que le conseil d’administration soit « indépendant » et que de nouveaux membres « crédibles » soient nommés.

Manque d’indépendance

Droits et Démocratie, créé en 1988, relève du Parlement fédéral, mais c’est le gouvernement qui nomme les membres du conseil d’administration et le président de l’organisme.
« La partisanerie, c’est la pire des choses quand on s’occupe des droits humains, affirme Anne Sainte-Marie, d’Amnistie internationale. Le conseil actuel a perdu toute crédibilité avec ses agissements. »
Selon Warren Allmand, qui a été président de Droits et Démocratie entre 1997 et 2002, l’organisme, jadis indépendant, est maintenant à la solde d’un conseil d’administration qui tente d’imposer son idéologie pro-Israël et sans nuance sur les activités de Droits et Démocratie. « Avec cette crise, le Canada a perdu beaucoup de crédibilité dans les milieux des droits humains à travers le monde », a-t-il dit hier, lors de la manifestation.
Cet hiver, 46 des 47 employés de Droits et Démocratie ont demandé la démission du président du conseil d’administration, Aurel Braun, et des deux vice-présidents du conseil : Jacques Gauthier et Elliot Tepper. Les employés soutiennent qu’ils ont fait du profilage ethnique, exigeant de savoir qui était arabe et pourquoi il n’y avait pas d’employés juifs dans l’organisme.
En janvier, deux membres du conseil d’administration ont démissionné pour protester contre le virage pro-Israël imposé à l’organisme par le conseil d’administration. Ce dernier a forcé l’organisme à supprimer les subventions qui étaient accordées à des groupes actifs au Proche-Orient qui ont critiqué Israël dans le passé.

Source: http://www.ledevoir.com/politique/ca...d-de-l-ampleur
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